Réalisation : Terrence Malick
Acteurs : Colin Farrell, Q'orianka Kilcher, Christian Bale
Directeur photo : Emmanuel Lubeski (Sleepy Hollow, Ali, Rencontre avec Joe Black)
Style : Aventure - Historique
Durée : 2h16
Sortie : Février 2006
Avis personnel : 8/10
Petit résumé
Virginie, 1607. Les premiers colons venus d'Angleterre se lance à la conquête d'un nouveau territoire encore vierge si ce n'est la présence des quelques tribus avoisinantes des côtes. 3 bateaux accostent sur les côtes est des Etats-Unis et fondent la première « ville » anglaise : Jamestown. Ces premiers colons se heurtèrent évidemment très vite aux peuplades indiennes présentes depuis des décennies sur le territoire. John Smith, capitaine débarqué lors de cette première arrivée, rencontrera très vite la belle et séduisante princesse indienne Pochaontas et s'en suivra une belle et romantique histoire d'amour entre ces deux personnages que tout oppose...
Un nouveau film de ce réalisateur mythique et mystérieux qu'est Terrence Malick. En effet Terrence Malick, signe avec « The New World », son quatrième film. Après Badlands en 1974, avec Martin Sheen et Sissy Spacek,les Moissons du Ciel en 1979 (selon moi son meilleur) et la Ligne Rouge en 1998. Malik nous présente ici l'histoire des premiers colons anglais débarquant sur le territoire américain. Mythe ou réalité ? À première vue le scénario trace l'histoire telle qu'elle s'est véritablement passé ou en tout cas telle que nous la connaissons. Certains points sont tout de même à mettre en doute au niveau de leur véridicité historique tels que l'explosion qui blessa gravement Smith ou encore le fait que Smith comprit très vite qu'ils ne pouvaient survivre sans que former une collectivité au niveau du travail. En effet, un premier horaire fut mis sur pied par Smith et ordonna aux colons de travailler 4 heures par jour. Malick ne pouvait évidemment pas placer tous ces évènements dans son histoire tout en gardant un film de 2 heures. Mais il est peut-être dommage que certains points aient été « skippés » au profil de la relation entre Pochaontas et Smith et forme ainsi une histoire plus traditionnelle que celle qu'on imaginait sortie d'un cinéaste du nom de Malick. Il en est tout de même qu'on est très loin des films d'amours formatés Made in Hollywood.
Malik nous livre ici une version très proche de la réalité historique qui nous plonge directement dans la Virginie du XVII° siècle. L'histoire d'amour est malléable, ne sent pas l'eau de rose Le voyage s'arrête après deux heures qu'on ne sent pas passé. Au niveau de la mise en scène, on retrouve les caractéristiques propres à Malick. A savoir ces voix-off qui interviennent assez fréquemment et soulignent les pensées, désirs, aspirations, craintes des acteurs. Peut-être moins poignantes que dans The Thin Red Line, elles donnent tout de même du corps aux personnages et permettent souvent d'insérer quelques images de nature presque à la façon des Romantiques... Oui comme dans Days of Heaven (et tous les autres films de Malick) la nature est magnifiée et tient une place immense au sein du film. On peut même parler d'un personnage supplémentaire qu'occupe la nature dans les films de Malick. On se souvient de Days of Heaven où la lumière était soignée à la perfection en se mêlant magnifiquement à la nature et son environnement, les scènes à la tombée du jour, des effets soleils radieux, enfin en deux mots, N. Almendros s'adaptant à la nature pour recréer une lumière ay maximum naturelle tout en gardant une atmosphère douce, mélancolique au service du scénario. Dans The New World, Malick met ses aspirations aux mains de Lubeski qui fera une lumière magnifique. Tourné presque entièrement, la lumière semble vivre en osmose avec le scénario et les autres domaines du film (tel que le son qui il faut le dire a été jusqu'à essayé de recréer le son de la perruche de Caroline, disparue dans les années 1920). Chaque image est léchée. Entre les plans en mouvements aux reflets d'eau, de blé bougeant au gré du vent les ces plans fixe de la vie traditionnelle de l'époque ( chambres à coucher,...), on ne sait plus où donner de la tête et l'image prend parfois le pas sur le scénario en formant de véritables cartes postale propre à T. Malick. De plus d'être une image très travaillée, la qualité de celle-ci joue aussi sur le film. En effet, The New World est un de ces films, trop peu nombreux à avoir été tourné en 65 mm. Pour ceux qui l'ignoreraient la normale est de 35 mm. La pellicule utilisée est donc presque deux fois plus grande, ce qui permet une image d'avoir une image dont la qualité est inégalée jusqu'à présent (la perte de qualité entre un tirage 35 vers 70 mm pour format projection et 65 vers 70 mm est évidemment compréhensible). Seul problème, le prix qui s'élève à 15 000 euros pour un tirage en 70 mm...
Quant aux acteurs, Colin Farrell est je trouve une révélation. On le connaissait surtout dans le domaine « Pop-corn movie » pas très intelligent et déploie ici un éventails de ses capacités fort appréciables... Q'orianka Kilcher « introducing » comme dise les ricains colle elle aussi tout à fait à son rôle. Pour l'anecdote, elle avait 15 ans lors du tournage et vient d'Allemagne (yeaaah). Enfin quand on sais que la véritable Pochaontas devait avoir entre 12 et 15 ans lors de sa rencontre avec Smith, on est pas loin du compte. Smith avait lui 28 ans. L'âge de Farrelle au moment du tournage du film J. Le dernier acteur principal est Christian Bale, acteur notamment dans Batman Begins ou pour sa grandiose performance dans American Psycho. Lui aussi se défend bien et tient son rôle à merveille. Les acteurs, le scénario, la mise en scène, la lumière,... sont donc tous au rendez-vous et forment ensemble ce nouveau chef-d'½uvre. Il est vrai que Malick plage sur le scénario depuis 25 ans...
Quant aux décors, la grande partie est tournée en décors réels. Malick avait un tel souci de la réalité qu'il à été jusqu'à recréer le Fort James à l'endroit exact où aurait débarqué les premiers colons en 1607. Malik à d'ailleurs été jusqu'à engager un expert en langue Algonquin pour apprendre à tous les indiens les rudiments de la langue indienne ( cette langue est quasi mort depuis 1780...)
Seule interrogation, pourquoi ne jamais prononcer le nom de la jeune princesse indienne ne fut-ce qu'une fois tout au long du film... Choix du réalisateur pour ne pas que le spectateur tombe dans les clichés
« Disneyen » ?
Je voudrais juste terminer cet article en citant la BO que Malick utilise. Le non moins célèbre James Horner est à la barre, alternant Mozart, Beethoven ou encore remake de sa Bof de Braveheart. Si si faite attention, vous verrez qu'un des thème de Braveheart est repris et accordé à la sauce du film. Mais le grand succès est, je trouve le concerto pour piano n° 23 qui donne une puissance immense aux scènes dès qu'il fait son apparition auditive...
Pour plus d'infos sur le sujet : Site officiel de THE NEW WORLD, LE NOUVEAU MONDE



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